
Il y a dans la manière dont Mohamed Al Nimer parle de l’arrivée de l’Esport World Cup à Paris, quelqu’un qui a appris à composer avec l'urgence. Celle qui consiste à faire en quelques mois ce qu'on prévoyait de faire ailleurs et autrement. Nous sommes revenus avec le directeur sur les grandes questions business de l’EWC Paris.
On commence, forcément, par l'argent. Par les sponsors, ces partenaires dont la fidélité se mesure aux signatures. Le déplacement vers le marché français a-t-il rebattu les cartes ?
Al Nimer ne biaise pas. La majorité suit, dit-il, parce que les contrats sont pluriannuels, attachés à la Fondation davantage qu'à un lieu. Mais il y a les autres. Ceux pour qui Riyad était une destination stratégique.
« Je ne vous cacherai pas qu'il y a certaines marques qui étaient très focalisées sur le marché saoudien et qui n'ont aucune présence sur le marché français. Ils vont devoir prendre une pause cette année avec l'EWC et revenir l'année prochaine quand l'événement reviendra à Riyad, tout simplement parce qu'il n'y a pas d'intérêt business ou économique pour ces marques-là. ».
On identifie ici des marques locales comme Barns (chaînes de cafés) ou Al Baik (restauration).
Et puis le vide laissé par les uns se comble, paraît-il, d'opportunités nouvelles.
« On observe énormément d'intérêt des marques françaises depuis l'annonce du président Macron en ce qui concerne l'arrivée de l'événement à Paris. » L'optimisme est mesuré, conscient du délai peu permissif.
« On est assez optimiste de voir des marques françaises ou internationales pour lesquelles le marché local est très important faire partie de l'aventure même si on a très peu de temps. Si on avait six mois de plus, on aurait eu beaucoup plus de marques qui auraient fait partie de l'aventure. Donc au final on s'y retrouvera, on ne sera pas en déficit par rapport à ce qu'on avait prévu à Riyad »
— cent vingt millions de dollars de revenus de sponsoring, pour mémoire.
Reste une question qui suit l'esport depuis ses débuts : sait-il parler à autre chose qu'à lui-même ? Sortir de l'écosystème, de ce cercle d'annonceurs habituels, pour atteindre les marques du dehors ?

