ZYB Saken revenant sur sa carrière : "Je n'ai pas grand-chose à regretter"
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Après son départ de la Karmine Corp fin 2024, Saken a repris tranquillement la compétition avec French Flair — et pose aujourd'hui ses valises chez ZYB Esport de Nisqy, qui lance son Summer split ce soir face à KCB. Un premier adversaire qui apparaît symbole. RFT.GG a rencontré le midlaner pendant son passage en Corée pour le SoloQ Challenge, pour parler de la pause dont il avait besoin, de ses ambitions LEC, et des projets plus tranquilles qui lui correspondent aujourd'hui.
Après ta dernière année avec la KC, tu as pris beaucoup de recul et tu t'es fait plus discret. Comment as-tu vécu cette période ? Est-ce que tu avais vraiment besoin de cette pause pour toi ?
Oui, j'avais besoin de prendre du recul après ça. Quand tu entres dans l'esport et que tu es joueur, tu ne fais pas vraiment de pause. Il y a des coupures entre les splits, mais tu ne prends jamais réellement le temps de te déconnecter de l'esport et du jeu vidéo en général. Ça m'a fait beaucoup de bien. J'ai pu revoir ma famille, passer du temps avec mes amis et profiter de ces moments-là. C'était une bonne pause pour moi. Ensuite, j'ai repris tranquillement avec d'autres projets, plus calmes.
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Tu es revenu début 2026 avec French Flair pour le LFL Invitational. Pourquoi ce timing et pourquoi ce projet en particulier ? Est-ce que tu avais eu d'autres opportunités avant, ou est-ce que French Flair t'a vraiment donné envie de rejouer en compétition ?
J'avais eu l'occasion de rejouer en LFL ou dans d'autres ERL, même en 2025. Mais le projet de début 2026 s'est construit avec des gens que j'apprécie et avec qui j'avais envie de jouer. C'était aussi un cadre un peu différent : moins de contraintes liées au fait de rejoindre une structure, de devoir se déplacer ou s'installer ailleurs. Comme je restais chez moi, c'était plus confortable. Et surtout, je jouais avec des personnes avec qui j'avais vraiment envie de jouer. La compétition me manquait aussi, donc tout s'est bien aligné.
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Avec Adam, Targamas et 3XA, il y avait cette volonté de montrer qu'ils avaient encore le niveau. Est-ce que tu étais dans la même démarche, avec l'envie de prouver quelque chose, ou plutôt dans l'idée de repartir sur de nouvelles bases après tes années avec la KC ?
Je pense que n'importe quel joueur compétitif a envie de montrer qu'il est fort. J'avais forcément cette idée en tête, mais mon objectif principal était surtout de bien jouer, de faire le maximum et de gagner.
Quand je participe à une compétition, je veux la gagner.
Donc oui, au final, c'était assez proche de leur démarche. C'était peut-être moins exprimé de mon côté, mais l'idée restait la même.
Avec French Flair, tu as réalisé un très bon Invitational individuellement, notamment au niveau du KDA et du DPM parmi les midlaners. Aujourd'hui, est-ce qu'un retour en LEC reste une ambition personnelle ?
Pas autant qu'au tout début de ma carrière. J'y suis déjà passé deux fois et, malheureusement, ça ne s'est pas toujours bien terminé. Je sais aussi très bien comment fonctionne le circuit, et c'est compliqué. Ce n'est donc pas une attente que j'ai particulièrement.
La seule attente que j'ai envers moi-même, c'est de bien jouer à League of Legends. C'est la seule chose qui m'importe vraiment.
Quand tu regardes les nouveaux jeunes midlaners qui arrivent en LFL et dans les ERL, sur quel aspect penses-tu encore avoir une longueur d'avance ?
Il y a certaines choses qui ont bien fonctionné chez moi en tant que joueur et que d'autres n'ont peut-être pas forcément. Je ne sais pas si on peut vraiment parler d'une longueur d'avance, mais je suis passionné par le jeu depuis le début. J'ai aussi souvent réussi à être clutch dans les moments importants, sous pression. Peut-être que c'est quelque chose qui peut être considéré comme un avantage, oui.
Photo Credit: Kirill Bashkirov/Riot Games
Tu viens de passer plusieurs semaines en Corée pour le SoloQ Challenge, notamment avec Manaty et Jezu, qui seront tes futurs coéquipiers chez ZYB. Au-delà du classement, est-ce que cette expérience vous a permis de créer des liens et de mieux vous connaître ?
Oui et non. Manaty, je ne l'ai pas beaucoup vu, parce qu'il était dans sa chambre pendant une grande partie du challenge. [rires] Je dirais même 90 % du temps. Avec Jezu, en revanche, oui, ça s'est très bien passé. Je ne le connaissais pas du tout avant. J'avais joué contre lui en LFL et je l'avais croisé de loin, mais je ne l'avais jamais vraiment rencontré. Il est super sympa et je suis très content de jouer avec lui. C'est aussi pour ça que j'ai voulu rejoindre ZYB : j'avais envie de jouer avec lui.
Puisqu'on est en Corée, qu'est-ce que ce séjour t'apporte concrètement qu'un bootcamp en Europe ne t'apporterait pas ?
La principale différence, c'est la SoloQ ici. Je suis un peu déçu de la façon dont mon rush s'est passé, parce que j'avais très bien commencé avant de stagner un peu et de perdre en concentration. Mais ça reste une expérience intéressante. Et puis, découvrir un nouveau pays, ça me fait toujours plaisir. Surtout, partir ailleurs me permet de mieux me concentrer sur ce que j'ai à faire. J'ai moins de distractions qu'à la maison, par exemple.
Avec le MSI qui se joue en ce moment, il y a aussi beaucoup de joueurs pros présents sur place. C'est un aspect intéressant ?
Oui, complètement. J'ai pu croiser pas mal de joueurs sur le ladder, donc c'était super cool. J'aurais même aimé jouer davantage pour pouvoir affronter encore plus de pros. C'est clairement une expérience à refaire. Lorsqu'il y a des Worlds en Corée, par exemple, ou même ailleurs avec beaucoup de joueurs pros réunis sur le ladder coréen, c'est vraiment très intéressant.
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Entre les streams de Trayton, le SoloQ Challenge et maintenant ZYB, tu explores plusieurs façons de rester présent dans l'écosystème League of Legends. Tu te vois progressivement aller vers la création de contenu, te laisser porter par les opportunités, ou est-ce que tu as l'ambition de relancer un projet professionnel plus ambitieux ?
Pour l'instant, je me laisse un peu porter par les opportunités et je vois comment les choses évoluent. Mais j'aime bien streamer, vraiment. J'aime aussi le fait de pouvoir jouer en compétition tout en ayant mon activité de stream à côté, dans un cadre plus tranquille. C'est pour ça que des projets comme French Flair ou ZYB me plaisent beaucoup. J'aime ce profil de projet, et c'est sans doute vers ce genre de format que je vais m'orienter.
Comme Jezu le disait dans son Traytalk, l'idée serait de faire une équipe sans forcément scrim en permanence, tout en restant compétitif.
Oui, c'est un peu ça.
Avec le recul sur ta carrière, y a-t-il des choix d'équipe, de timing ou de gestion de certaines périodes que tu referais différemment aujourd'hui ?
Forcément, il y a des choses que je changerais maintenant que je sais mieux comment tout fonctionne. Mais je pense aussi avoir eu beaucoup de chance.
Photo Credit: Wojciech Wandzel/Riot Games
Rien que le fait d'avoir pu vivre le projet KC, surtout au début, c'était exceptionnel. Je n'ai aucun regret par rapport aux premières années de la structure. C'était incroyable.
Même si, au final, ça s'est mal terminé, ça devait probablement se terminer ainsi d'une manière ou d'une autre. Je n'ai pas vraiment de regrets. J'ai vécu des choses incroyables avec eux. J'ai aussi commencé chez Vitality : ça aurait peut-être pu mieux se passer, mais c'était une bonne structure à l'époque. Globalement, je suis passé par de belles équipes et j'en garde de bons souvenirs. Après, bien sûr, on peut toujours se dire que j'aurais dû mieux jouer à certains moments. On peut toujours réécrire l'histoire. Mais concernant mes choix de carrière, je n'ai pas grand-chose à regretter.
Dernière question : qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?
De toujours rester passionné par League of Legends, de faire quelque chose que j'aime, qui me motive, et de passer de bons moments. C'est aussi simple que ça.
Le prince de la midlane... On l'a vu évoluer avec la KC. Malgré une fin qui fait tache, il est resté le visage de l'équipe pendant très longtemps, et c'est encore le cas aujourd'hui dans l'esprit de certains. On ne lui souhaite que le meilleur !
Le prince de la midlane... On l'a vu évoluer avec la KC. Malgré une fin qui fait tache, il est resté le visage de l'équipe pendant très longtemps, et c'est encore le cas aujourd'hui dans l'esprit de certains. On ne lui souhaite que le meilleur !